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Equity Stories #9 : AB Tasty x Equify

Pour cet épisode, rencontrez Rémi Aubert, Co-CEO & Co-Founder d'AB Tasty, un outil marketing à adopter pour convertir vos visiteurs web en clients.


Aujourd'hui, grâce au leadership de Rémi et d'Alix, sa co-fondatrice, AB Tasty a intégré le prestigieux NEXT40. Lors de notre première rencontre en 2017, ils venaient de clôturer leur Série B avec les fonds Korelya et Partech.

Dans cet épisode, Rémi nous fait le plaisir de revenir sur plusieurs étapes clés de la vie d'AB Tasty et de son equity story, sur ses différentes expériences avec les BSPCE qui ont construit son regard sur le sujet, et d'autres enseignements qu'il a tiré de sa riche vie d'entrepreneur.

 

Ce qu'il faut retenir :

 

▶️ Les débuts de l’actionnariat salarié chez AB Tasty :

  • Avant même de faire leur première levée de fonds, Rémi et Alix avaient cédé 2% de leur société à un de leurs “salariés historiques”.
  • Dès leur première levée de fonds, ils ont attribué des BSPCE aux employés qui étaient à des postes stratégiques.
  • En échangeant avec les entrepreneurs des licornes françaises, ils se sont rendu compte qu’ils généralisaient l’actionnariat à tous leurs salariés : ils ont décidé de suivre ce modèle en mettant en place une grille globale d’attribution de BSPCE.

 

▶️ L’equity chez AB Tasty aujourd’hui :

  • L’entreprise est détenue à 15% par ses salariés.
  • Maintenant qu’ils sont 210 collaborateurs, ils revoient leur politique d’attribution générale.
  • Leur objectif reste d’attribuer un an de salaire minimum à leurs employés via les BSPCE. Ce qui devient de plus en plus difficile à ce stade de croissance.
  • Pour ne pas faire des promesses “non tenues”, ils ont donc mis en pause leur dispositif d’actionnariat salarié pour les nouveaux arrivants (excepté pour les postes clés).
Ils réfléchissent à associer les BSPCE à des sortes de récompenses, par exemple pour féliciter “l’employé du mois”.


▶️ La perception des BSPCE par les employés d’AB Tasty :
  • Évaluer la perception réelle des BSPCE par les salariés est très difficile selon Rémi.
  • Les salariés qui viennent d’entreprises où l’actionnariat salarié était déjà en place sont bien sûr plus enthousiastes et ont conscience du système (profils assez séniors).
  • Pour les profils plus juniors, c’est plus compliqué. Les aspects long terme et immatériel restent très durs à valoriser. 
  • C’est malheureusement au moment de leur départ que les salariés exercent leurs BSPCE et en saisissent l’enjeu.
  • Environ 20% des salariés qui ont quitté AB Tasty ont exercé leurs BSPCE, ce qui reste assez faible aux yeux de Rémi.

→ Le problème dans l’exercice des BSPCE réside donc dans un manque de compréhension du sujet, mais également dans un manque de moyens quand il faut payer une somme importante pour les exercer (la plus grosse somme versée jusqu’à maintenant est de 60K€ après 7 ans de travail).

 

▶️ Les fonds d’investissements et leur rapport à l’actionnariat salarié, selon Rémi :

  • Il y a quelques années, ils n’en voyaient pas l’intérêt. Sûrement parce que le niveau de maturité de la France à ce sujet était insuffisant.
  • Aujourd’hui, il est bien plus facile d’aborder ce sujet pendant les levées de fonds. 
  • Pour AB Tasty, même en passant de 10% du capital de l’entreprise à 15% dédié aux BSPCE, la discussion n’a pas été un problème.
  • Les investisseurs comprennent très bien que ce ne sont pas uniquement les fondateurs d’une entreprise qui en font la valeur mais l’ensemble de la chaîne de travail.

 

▶️ Les fenêtres de liquidité chez AB Tasty :

  • Si les investisseurs comprennent l'intérêt des BSPCE, parler de la possibilité pour les salariés les plus anciens de bénéficier du fruit de leur travail est délicat.
  • En France, il y a en général peu de moments de liquidités dans la vie d’une entreprise alors que chaque levée de fonds pourrait en être l’opportunité.
  • AB Tasty n’y a pensé que lors de la dernière levée mais le contexte de pandémie a entraîné un refus de la part des investisseurs.
  • Les investisseurs n’envisagent pas l’idée de racheter les parts des salariés lorsqu’ils choisissent une entreprise. Et c’est quelque chose qui manque sur le marché.

▶️ L’engagement d’Alix et Rémi dans leur travail :

  • La culture de partage de valeur des deux fondateurs va au-delà de leurs employés : ils se sont engagés moralement auprès de la fondation Epic créée par Alexandre Mars.
  • Ils reverseront une partie de la revente de leur entreprise, ce qui profitera à l’éducation dans le monde.
  • Ils trouvent important de partager leurs profits (y compris via leurs impôts) parce qu’ils ont réussi grâce au système existant (l’éducation, le cadre juridique, …).

 

▶️ Les conseils de Rémi pour les entrepreneurs qui souhaitent mettre en place des BSPCE dans leur entreprise :

  • L’actionnariat salarié est toujours une bonne idée. Même si la mesure de l’impact n’est pas toujours évidente.
  • Monter son entreprise c’est une aventure humaine et financière, c’est normal que tout le monde partage les bons comme les mauvais côtés.
  • Il faut bien faire attention à la gestion de sa documentation juridique dès le départ, sinon on se perd au fur et à mesure de l’évolution. Bien cadrer cette approche d’entrée de jeu.
  • Ne pas hésiter à réévaluer son plan d’attribution avant et après les étapes clés du développement de son entreprise. Pour permettre à tout le monde de continuer à en profiter !

 

Écoutez l'intégralité de l'interview ici.

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