La signature électronique s'est imposée comme le nouveau standard de validation dans le monde des affaires. Qu'il s'agisse de contrats commerciaux, de procédures RH ou de décisions de gouvernance, elle fluidifie les échanges et accélère la prise de décision.
Pourtant, malgré son adoption massive, une certaine opacité persiste : toutes les signatures électroniques ne se valent pas. Si le Code civil lui reconnaît la même force probante qu’à la signature manuscrite, cette validité est strictement conditionnée par la capacité à identifier l'auteur, à garantir l'intégrité de l'acte et à rapporter la preuve du consentement.
Face aux interrogations récurrentes sur la force juridique d'un document numérique et sur les risques de contestation, il est essentiel de maîtriser les nuances du cadre légal. Entre signature simple, avancée ou qualifiée, le choix ne doit rien au hasard. Voici les clés pour comprendre le cadre légal en vigueur en France et sélectionner le niveau de sécurité adapté à chacun de vos documents.
La signature électronique consiste en un procédé de cryptographie (suite de chiffres) permettant d’authentifier le signataire et de garantir l’intégrité du document, au même titre que son homologue manuscrit. (France Num)
La signature numérique doit ainsi permettre au destinataire d’un document d’identifier la personne physique ou l’organisme ayant apposé la signature et d’assurer que le document n’a pas été modifié entre le moment de la signature et celui de sa lecture.
Ainsi, la signature électronique doit être :
Le droit français reconnaît la légalité de la signature électronique depuis les années 2000. Toutefois, c’est véritablement le Règlement européen eIDAS, entré en vigueur le 1er juillet 2016, qui instaure un cadre légal clair et uniforme autour de la signature numérique.
Ce règlement a vocation à simplifier et harmoniser l’utilisation des services d'identification et d’authentification numérique, à garantir leur sécurité juridique et à renforcer la confiance numérique.
L’article 25.1 du règlement européen pose le principe de non-discrimination en vertu duquel “l’effet juridique et la recevabilité d’une signature électronique comme preuve en justice ne peuvent être refusés au seul motif que cette signature se présente sous une forme électronique ou qu’elle ne satisfait pas aux exigences de la signature électronique qualifiée”.
La réglementation européenne consacre ainsi la valeur juridique et la valeur probante de la signature électronique au sein de l’Union Européenne. Le règlement est d’application directe dans tous les pays membres de l’UE, de sorte que la signature électronique est un procédé juridiquement valable en France.
Au-delà du Règlement eIDAS, le droit français reconnaît et encadre spécifiquement la légalité de la signature électronique :
Par conséquent, la valeur juridique d’une signature électronique équivaut à celle d’une signature manuscrite aux yeux du législateur français.
À quelques exceptions près, tous les documents peuvent être signés électroniquement :
Les seules restrictions concernent les actes sous seing privé relatifs au droit de la famille et des successions, conformément à l'article 1175 du code civil.
En vertu du droit européen, il existe 3 types de signatures électroniques. Le niveau de sécurité et de fiabilité ainsi que les conditions d’utilisation des signatures varient d’une catégorie à l’autre.
La signature électronique simple est définie par le règlement européen comme “des données sous forme électronique, qui sont jointes ou associées logiquement à d’autres données sous forme électronique et que le signataire utilise pour signer”. (Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), article 3)
Cette signature est utilisée lorsque l'on scanne une signature manuscrite pour l'apposer sur un document électronique ou lorsque l'on signe un reçu de commande par exemple. Il n’existe pas d’exigences particulières pour cette catégorie de signature, de sorte qu’il s’agit du procédé de signature avec la valeur juridique la plus limitée. En effet, il ne requiert pas la mise en place d'un processus de vérification de l'identité du signataire ni de garantie de l'intégrité des données signées.
Bien que son niveau de sécurité soit limité, la signature électronique simple est le type de signature le plus couramment utilisé dans la mesure où son usage est facile et rapide.
Le processus de signature simple peut cependant être renforcé et devenir plus fiable à travers la mise en place d’un dossier de preuves pour parer à une éventuelle contestation de la signature. Ce dossier de preuves peut être constitué d’éléments tels que l’adresse email du signataire, l’adresse IP de l’ordinateur utilisé pour signer le document…
En vertu du règlement eIDAS, la signature électronique est avancée lorsqu’elle répond aux exigences de l’article 26 :
La signature avancée repose ainsi sur un système d’identification plus fiable permettant de renforcer sa sécurité. Plus concrètement, cela peut se manifester par la transmission d'une pièce d’identité sur la plateforme ce qui permet au prestataire de contrôler l’exactitude des informations renseignées et d’authentifier la signature.
Cela peut également se faire au travers de l'ajout d'une étape d’authentification au moyen d’un code SMS reçu par le signataire et nécessaire à la validation de la signature.
La signature électronique qualifiée est le format de signature offrant le niveau de sécurité juridique et technique le plus élevé. Elle repose sur un dispositif plus complexe (Décret n° 2017-1416) :
La signature électronique est juridiquement reconnue, mais le bon choix dépend du document et du niveau de preuve attendu.
La règle simple : plus l’enjeu est élevé (montants, gouvernance, contestation possible), plus il faut renforcer l’identification du signataire, l’intégrité du document et la traçabilité, jusqu’à envisager la signature qualifiée si nécessaire.
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