Actionnariat salarié

AGA : mettre en place un plan d'attribution en 4 étapes

AGA : AGE, identification des bénéficiaires, documentation juridique et réalisation des attributions. Conditions légales et points fiscaux inclus.


Vous souhaitez associer vos collaborateurs aux résultats de la société et vous envisagez de mettre en place un plan d’attribution d’actions gratuites (AGA) ? L’AGA est un mécanisme d’actionnariat salarié qui permet d’attribuer des actions sans contrepartie financière, avec un cadre juridique strict et des impacts fiscaux à anticiper.

L’objectif est double :

  • fidéliser et motiver,
  • aligner durablement une partie de l’équipe avec la création de valeur.

💡 A retenir

  • L’attribution d’actions gratuites se décide dans un cadre formel : autorisation par l’AGE, puis mise en œuvre par l’organe compétent (conseil d’administration ou directoire). 
  • La réussite tient à 3 points : un cadrage clair (bénéficiaires, calendrier acquisition/conservation, conditions), une documentation solide (plan + clauses clés) et une communication compréhensible aux bénéficiaires.
  • Côté fiscalité, raisonnez en deux étapes : gain d’acquisition puis plus-value de cession. Les règles dépendent notamment des dates d’autorisation/attribution 

 

1. Réunir les actionnaires en AGE 

La première étape consiste à réunir les actionnaires en assemblée générale extraordinaire afin de les consulter. L’attribution d’actions gratuites requiert en effet l’autorisation préalable de l’AGE.

Conformément à l’article L225-197-1 I alinéa 1 du code de commerce, l’assemblée est seule compétente pour “autoriser le conseil d’administration ou le directoire à procéder, au profit des membres du personnel salarié de la société ou de certaines catégories d’entre eux, à une attribution gratuite d’actions existantes ou à émettre”.

Comme le précise l’article précité, les AGA peuvent porter sur des actions déjà détenues par la société ou bien des actions qui seront prochainement émises dans le cadre d’une augmentation de capital.

L’autorisation de l’AGE doit notamment cadrer :
  • la durée de validité de l’autorisation,
  • la désignation (ou les catégories) de bénéficiaires,
  • la durée minimale de la période d’acquisition et, le cas échéant, la période de conservation,
  • les éléments liés à l’émission si les actions sont à créer,
  • le pourcentage maximum du capital pouvant être attribué.

💡 A retenir

Avant de lancer l’AGE, faites une check-list “décisionnable” avec :

  • objectif du plan (fidélisation, alignement, recrutement),
  • périmètre bénéficiaires (tous / catégories spécifiques),
  • type d’actions (existantes / à émettre),
  • calendrier (acquisition + conservation),
  • points fiscaux à signaler aux bénéficiaires (gain d’acquisition, vente, déclaration).

 

 

2. Identifier les bénéficiaires et fixer les conditions 

En vertu de l'article L225-97-1 I alinéa 9 du code de commerce, Une fois l’autorisation donnée, l’organe compétent (conseil d’administration ou directoire) doit déterminer : 

  • l’identité des bénéficiaires,
  • les conditions d’attribution,
  • et, si prévu, les critères d’attribution.

Concernant les critères d’attribution, vous avez en effet la possibilité de conditionner celle-ci à certains seuils de performances. Ces conditions peuvent dépendre des performances individuelles des bénéficiaires (nombre d’heures travaillées, chiffre d’affaires apportés, etc.) ou bien des résultats globaux de la société (chiffre d’affaires, résultat d’exploitation, résultat financier…).

Vous pouvez également ajouter une condition de présence afin d’obliger les bénéficiaires des AGA à être présents à l’issue de l’attribution. Cette modalité est particulièrement intéressante si vous souhaitez fidéliser des “hommes clés”, c’est-à-dire des collaborateurs ou dirigeants jouant un rôle indispensable dans le bon fonctionnement de la société.

 

3. Rédiger la documentation juridique nécessaire à l’attribution 

Une fois l’AGA approuvée, les bénéficiaires identifiés et les modalités définies, vous devez formaliser l’opération.

Un plan d'attribution ou un acte d’émission d’AGA 

Il est conseillé de rédiger un plan d’attribution et/ou un acte d’émission d’attribution d’actions gratuites récapitulant les modalités et les critères de l’opération.

  • bénéficiaires,
  • quantités,
  • calendrier (acquisition et conservation),
  • conditions,
  • traitement des événements (départ, décès, invalidité, opération sur capital, etc.).

 

Un pacte d’actionnaires

Il est également recommandé de conclure un pacte d’associés. Ce pacte a vocation à organiser les relations entre l’actionnaire principale et les nouveaux actionnaires afin d’anticiper toute situation de blocage et d’assurer une collaboration optimale.

Il comporte notamment les clauses suivantes :

  • Clause de préemption et d’agrément ;
  • Clause d’exclusion ;
  • Clause de bad leaver contraignant l’actionnaire à céder ses actions en cas de départ fautif, etc.

Vous l’aurez compris, il est important d’encadrer juridiquement l’attribution gratuite d’actions de la date de l’opération jusqu’à la sortie du bénéficiaire.

 

4. Réaliser les attributions 

Suite à l’attribution, l’acquisition définitive se fait en général en deux temps : période d’acquisition, puis éventuellement période de conservation.

La période d’acquisition 

Selon l'article L225-197-1 I alinéa 6 du code de commerce, La période d’acquisition correspond au délai pendant lequel le bénéficiaire n’est pas encore pleinement propriétaire des actions. La durée minimale est encadrée par la loi et doit être reprise sur la version en vigueur.

À l’expiration de la période d’acquisition, la société transfère les actions au bénéficiaire qui acquiert alors la qualité d’actionnaire.

La période de conservation

Après la période d’acquisition survient une période de conservation durant laquelle les attributaires sont contraints de conserver les actions. Pendant ce temps, les titres sont incessibles. 

L’AGE est libre de déterminer la durée minimale de l’obligation de conservation. Cependant, le code de commerce prévoit que “la durée cumulée des périodes d'acquisition et de conservation ne peut être inférieure à deux ans” (article L225-97-1 I alinéas 7 et 8). 

Une fois ces périodes écoulées, le bénéficiaire jouit librement de ses actions gratuites et peut ainsi les céder s’il le souhaite. 

Conclusion

Une attribution gratuite d’actions peut être un levier très efficace pour aligner et fidéliser, à condition d’être irréprochable sur trois points : gouvernance (AGE + décisions), documentation (plan et clauses clés) et fiscalité. 

Chez Equify, nous vous proposons de vous accompagner tout au long de la procédure d’attribution des actions gratuites. 

Nous vous assistons de la mise en place de votre plan d’attribution (personnalisation de votre documentation juridique et signature électronique de celle-ci), jusqu’à la réalisation des attributions et la gestion des formalités subséquentes à celle-ci. 

Au-delà de l’attribution d’actions gratuites, il existe d’autres instruments pour intéresser vos salariés et dirigeants au capital de l’entreprise, tels que les BSPCE. 

 

Sources

  1. Code de commerce — Article L.225-197-1 — Légifrance
  2. Code de commerce — Section “Des attributions d’actions gratuites” (L.225-197-1 à L.225-197-5) — Légifrance
  3. service-public.fr — En quoi consiste l'attribution d'actions gratuites dans une entreprise ?
  4. impots.gouv.fr — Mon entreprise m'a attribué des actions gratuites, comment sera imposé le gain d'acquisition ?

Quelles conditions légales doit remplir la société pour pouvoir attribuer des AGA ?

La société doit être une SA, SAS ou SCA. L'assemblée générale extraordinaire (AGE) doit avoir préalablement autorise le plan d'attribution, en fixant le nombre maximum d'actions attribuables, la durée de l'autorisation (max 38 mois) et les périodes d'acquisition et de conservation minimales. L'autorisation de l'AGE ne vaut pas attribution : c'est ensuite le conseil d'administration (ou la direction dans une SAS) qui décide des attributions individuelles.

Quel est le rôle du conseil d'administration dans l'attribution d'actions gratuites ?

Dans une SA, le conseil d'administration (ou le directoire) est l'organe qui décide des attributions individuelles dans le cadre fixe par l'AGE. Il fixe la liste des bénéficiaires, le nombre d'actions attribuées a chacun, les conditions de performance éventuelles et les dates de début des périodes d'acquisition. Dans une SAS, ce rôle est tenu par le président ou l'organe désigne dans les statuts.

Est-ce qu’il y a une durée minimale avant de pouvoir vendre ?

La durée cumulée de la période d'acquisition et de la période de conservation ne peut pas être inférieure à 2 ans.

Les actions peuvent donc être vendues au plus tôt 2 ans après l'attribution par l'assemblée générale.

 

 

Quelle est la différence entre la période d'acquisition et la période de conservation des AGA ?

 La période d'acquisition est le délai pendant lequel le bénéficiaire doit rester dans l'entreprise pour obtenir définitivement les actions gratuites (minimum 1 an). La période de conservation est le délai pendant lequel le bénéficiaire ne peut pas céder les actions une fois acquises (minimum 1 an, sauf exceptions). Ces deux périodes se cumulent : un salarie peut donc être bloque 2 ans minimum avant de pouvoir vendre ses actions. 

Que se passe-t-il si un bénéficiaire quitte l'entreprise avant la fin de la période d'acquisition ?

 En principe, le bénéficiaire perd ses droits aux actions non encore acquises. Des exceptions existent pour les cas de décès, d'invalidité ou de mise a la retraite, qui peuvent déclencher une acquisition accélérée. Le plan peut aussi prévoir des clauses spécifiques (good laver) permettant une acquisition partielle au prorata du temps passe. Ces conditions doivent être précisées dans le règlement du plan. 

Quel est le taux de la contribution patronale sur les AGA et qui doit la payer ?

La contribution patronale spécifique aux AGA est de 20 % de la valeur des actions au jour de leur acquisition définitive (ou a leur valeur au jour de l'attribution si cette valeur est plus faible). Elle est due par la société émettrice. Cette contribution remplace les cotisations sociales patronales habituelles et est déductible du résultat imposable. Son impact financier doit être anticipe dans la modélisation du plan. 

 

***

BESOIN D'AIDE POUR GERER VOS AGA ?

Découvrir Equify

Vous souhaitez digitaliser la gestion de vos AGA ? N'hésitez pas à nous demander une démo pour en savoir plus sur les fonctionnalités proposées par Equify.

Demander une démo

 

 

Articles associés

Abonnez-vous à notre Newsletter pour recevoir les dernières actualités sur la gestion actionnariale