Startup

BSA pour freelances et salariés à l’étranger : règles, fiscalité et points de vigilance

Comment attribuer des BSA à des freelances ou salariés à l’étranger : allocation, vesting, fiscalité et points de vigilance.


Les équipes sont de plus en plus hybrides : salariés, freelances, et parfois salariés via portage salarial, avec des profils répartis dans plusieurs pays. Dans ce contexte, garder les talents engagés sur la durée devient plus difficile, surtout quand les outils classiques d’actionnariat salarié ne s’appliquent pas.

Si votre objectif est d’aligner certains contributeurs externes (freelances, consultants, portage, parfois profils à l’étranger) avec la création de valeur de l’entreprise, les Bons de Souscription d’Actions (BSA) peuvent être une option. Mais c’est un outil qui doit être cadré juridiquement et fiscalement, au cas par cas.

💡 A retenir

  • Les BSA sont un instrument qui peut permettre à un bénéficiaire de souscrire des actions selon des conditions fixées à l’avance.
  • Ils peuvent être proposés à des tiers (ce qui les rend pertinents pour des freelances, consultants, portage), mais leur mise en place doit être structurée (juridique, fiscal, conformité).
  • Les points à sécuriser : (1) les droits attachés et les clauses (statuts/terms), (2) les conditions d’acquisition et de départ, (3) le prix et la valorisation, (4) la fiscalité et le traitement international, (5) les règles de conformité (dont prospectus / exemptions selon les cas).

 

Pourquoi les BSA ?

Les dispositifs d'actionnariat “salarié” (par exemple BSPCE, actions gratuites) visent généralement à renforcer l’engagement des équipes sur le long terme, mais ils reposent sur des conditions d’éligibilité qui ne couvrent pas toujours les freelances, consultants, ou salariés via portage salarial.

Les Bons de Souscription d'Actions (BSA) peuvent, dans certains montages, offrir plus de flexibilité car ils peuvent être proposés à des personnes qui ne sont pas nécessairement salariées de la société.

Concrètement, un BSA est un instrument qui peut donner à son détenteur le droit de souscrire des actions à un prix et selon des modalités fixées à l’avance. Les droits exacts du détenteur dépendent des termes d’émission et des statuts, et il faut éviter de généraliser (ex : droits en cas d’opérations sur capital, clauses anti-dilution, traitement en cas de cession, etc.). 

💡 A retenir

Avant même de “parler allocation”, listez précisément les populations visées (freelances, portage, consultants, dirigeants, non-résidents), puis définissez :
    1. Pourquoi vous voulez les incentiver (rétention, livraison, alignement long terme).
    2. Les événements de valeur (levée, vente, dividendes, etc.).
    3. Les contraintes (budget de dilution, gouvernance, conformité, fiscal).
    4. Le niveau de complexité acceptable (contrats, suivi, reporting).

 

EN SAVOIR PLUS

Vous souhaitez en savoir plus sur les caractéristiques d'un BSA ?

 

Découvrez notre article dédié pour en savoir plus sur leur fonctionnement, leurs bénéficiaires, etc.

Lire l'article

 

 

Stratégies d’allocation des BSA

À ce jour, il n’existe pas de benchmark “universel” sur les allocations de BSA à des freelances. En pratique, l’allocation doit refléter une logique économique cohérente et défendable, et rester alignée avec votre politique globale de dilution.

Des facteurs utiles pour cadrer une allocation :

  • Le niveau d’expertise du freelance.
  • Le niveau d'implication dans les projets.
  • L’impact potentiel sur la croissance.
  • La valeur de marché des services fournis.

Ensuite, il est souvent pertinent de comparer (à titre de cohérence interne) :

  • L’existence ou non d’un plan d’actionnariat pour les salariés.
  • Le pourcentage de capital total que la société accepte d’allouer aux équipes et à des tiers.

Enfin, si l’objectif est la fidélisation, une allocation “one-shot” peut être insuffisante. Certaines entreprises prévoient des mécanismes de réallocations périodiques (“refreshers”) pour maintenir l’alignement dans la durée.

 

Conditions d'exercice

La détermination des conditions d'exercice est un point central. Il faut notamment cadrer :

  • Les conditions d’acquisition (vesting) : durée, rythme, éventuel “cliff”, et événements d’accélération (si applicable). 
  • Les conséquences en cas de départ anticipé : qu’arrive-t-il aux droits non acquis, et aux droits acquis mais non exercés ? 
  • Le prix d'exercice : logique de valorisation, cohérence avec d’autres instruments et avec le cadre fiscal.

Point important : un vesting “standard 4 ans” est fréquent dans l’écosystème, mais ce n’est pas une règle de droit. Il faut l’adapter à la nature de la mission et aux risques de requalification.

 

Aspects Fiscaux et Réglementaires

1. Fiscalité des BSA

La fiscalité des gains liés aux BSA dépend fortement :

  • Du pays de résidence fiscale du bénéficiaire.
  • Du type de gain (gain à l’exercice, gain à la cession, etc.).
  • De la qualification juridique et fiscale retenue.

L’affirmation “flat tax 30%” est trop générale pour être utilisée telle quelle sans cadrage. En France, certains gains mobiliers peuvent relever du PFU, mais l’application exacte dépend du type de gain, de la situation du contribuable, et des règles en vigueur.

Si les bénéficiaires sont à l’étranger, il faut intégrer :

  • Les règles locales.
  • Les conventions fiscales (si applicable).
  • Les obligations déclaratives.

💡A retenir

Checklist fiscale minimale (avant d’attribuer) :
    1. Résidence fiscale de chaque bénéficiaire.
    2. Moment(s) de taxation (exercise, sale, autres) selon le montage.
    3. Présence de retenues / obligations déclaratives.
    4. Traitement des prélèvements sociaux (si applicable).
    5. Position écrite du conseil fiscal sur les hypothèses retenues.

 

 

2. Détermination du prix de souscription

Le prix de souscription et le prix d’exercice doivent être cohérents avec la valeur économique de l’instrument, et documentés.

L’idée de fixer un prix de souscription à “10% du prix d’exercice” peut exister comme pratique de marché dans certains contextes, mais il faut éviter de la présenter comme une règle générale. Sans documentation solide (valorisation, méthode, comparables, avis), un prix trop faible peut augmenter le risque de requalification fiscale (avantage occulte, avantage en nature, etc.) selon les cas.

En pratique, il faut tenir compte des conditions d'exercice (vesting, good/bad leaver, expiration, restrictions), car elles influencent la valeur.

 

3. Contrôle des Changes

Si des bénéficiaires sont situés dans d’autres juridictions, certaines règles locales peuvent limiter ou encadrer :

  • Le transfert de fonds.
  • La détention de titres étrangers.
  • Les obligations de déclaration.

Comme ces règles sont très dépendantes du pays, le point le plus pragmatique est de cadrer :

  • Une vérification par pays “à risque” (ou pour tout pays hors UE/EEE selon votre politique).
  • Une validation par un conseil local si nécessaire.

4. Droit boursier

La qualification de l’offre (offre au public, exemptions, obligations d’information, prospectus) dépend du contexte : nombre de personnes, pays, catégories d’investisseurs, modalités de communication, etc.

Il est donc risqué d’affirmer de manière générale que l’offre de BSA constitue “par nature” un appel public à l’épargne, sans analyser les exemptions applicables.

💡 A retenir

Avant toute attribution, vérifiez si vous êtes dans un cadre nécessitant un document d’information, et quelles exemptions peuvent s’appliquer (notamment selon le nombre de personnes ciblées et leur statut). 

 

L'attribution de BSA à des freelances et salariés en portage peut être un levier puissant pour aligner certains contributeurs externes avec la création de valeur, à condition de bien cadrer l’opération.

Le point clé n’est pas “l’outil” en lui-même, mais la cohérence d’ensemble : documentation juridique, conditions d’acquisition et de départ, logique économique des prix, et sécurisation fiscale (France + international).

 

Conclusion

Si vous voulez incentiver des freelances, des consultants ou des salariés via portage, les BSA peuvent offrir un cadre flexible, mais c’est un sujet où la précision est indispensable.

La prochaine étape la plus utile est de formaliser un “cadrage” : populations, objectifs, budget de dilution, conditions d’acquisition et de départ, et un mémo fiscal (France + international) avant d’attribuer.

 

Conclusion

  1. BOFiP (base)

  2. BOFiP (recherche)

  3. Légifrance (accueil)

  4. Légifrance (Codes)

  5. AMF (accueil)

  6. AMF (base DOC)

  7. Service-public.fr

  8. EUR-Lex (Règlement Prospectus UE 2017/1129)

Les BSA sont-ils réservés aux salariés ?

Non, ils peuvent être structurés pour des bénéficiaires qui ne sont pas salariés. Mais la faisabilité et les implications dépendent des documents juridiques et du contexte.

https://www.legifrance.gouv.fr/codes | https://www.amf-france.org/fr/base-documentaire]

Peut-on utiliser les BSA pour des freelances à l’étranger ?

Oui, mais il faut traiter le cas “pays par pays” sur la fiscalité, les obligations déclaratives, et éventuellement le contrôle des changes.

https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/recherche | https://www.legifrance.gouv.fr | https://www.service-public.fr]

Peut-on dire que les gains seront taxés à 30% en France ?

À éviter comme règle générale. Le traitement fiscal dépend du type de gain, de la situation du bénéficiaire et des règles applicables.

https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/recherche | https://www.legifrance.gouv.fr]

Comment fixer un prix de souscription “défendable” ?

Avec une logique de valorisation et une documentation cohérente (et idéalement un avis conseil), en tenant compte des restrictions et conditions (vesting, départ, liquidité).

https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/recherche | https://www.legifrance.gouv.fr]

 

BESOIN D'AIDE POUR FLUIDIER L'ATTRIBUTION DE BSA A VOS FREELANCES ?

Découvrir Equify

Vous souhaitez digitaliser la gestion de vos BSA ? N'hésitez pas à nous demander une démo pour en savoir plus sur les fonctionnalités proposées par Equify.

Demander une démo

Articles associés

Abonnez-vous à notre Newsletter pour recevoir les dernières actualités sur la gestion actionnariale